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Tu penses trop ! Témoignage d'une hypersensible…

Dernière mise à jour : 17 avr.


Femme se posant des questions
Beaucoup (trop?) de questions en tête ! - Crédits : Pixabay

Tu penses trop !!! Arrête !

Faites-vous partie de celles et ceux qui ont beaucoup (trop) entendu ces phrases avec le mot « trop » : « Tu penses trop ! », « Tu réfléchis trop ! », « Tu poses trop de questions ! », « Tu es trop sensible ! », … et à qui on a aussi beaucoup (trop) demandé d’arrêter, de se calmer, de se stabiliser, … ??? Si oui, cet article devrait vous parler ! Sinon, cet article devrait vous aider à comprendre celles et ceux à qui vous dites ou avez envie de dire ces phrases.


Avoir entendu ces phrases tellement souvent m’a fait intégrer l’idée que je n’étais pas normale, que j’avais un sérieux problème, qu’il fallait absolument que je trouve un moyen de le régler (yoga, méditation, psychothérapie, …), … J’en suis arrivée à vouloir à tout prix rentrer dans le cadre, pour m’insérer dans la société - trouver ma place comme on dit -, à modifier donc petit à petit tous, ou presque, mes comportements, mes émotions, mes ressentis, mes pensées, …


Concrètement, je me suis efforcée de ne faire qu’une seule chose à la fois - donc surtout ne plus m’intéresser à plusieurs sujets en même temps - et à aller jusqu’où bout de cette activité - comme pour devenir « spécialiste », pour avoir un certain niveau reconnu en société plutôt que de passer d’un sujet passionnant à un autre sans réelle raison et sans avoir besoin de devenir une experte en la matière.


Je me suis efforcée à moins ressentir mes émotions, à moins en tenir compte, à moins en faire part aux autres, à moins les montrer, … ce qui m’a amenée à ne plus tenir compte non plus des manifestations physiques - vous savez les fameux symptômes psychosomatiques censés donner l’alerte, … Jusqu’au jour où tout a basculé… J’en étais arrivé au point où je ne savais plus qui j’étais... - Comment en étais-je arrivé là ? Pour quelles raisons ?, … - ce que j’aimais faire - je m’étais tellement bridée et conformée que je ne savais plus faire la distinction entre ce qui me plaisait vraiment et ce que je m’étais efforcé d’apprécier, plus grand-chose n’avait mon intérêt finalement… -, ce pour quoi j’étais éventuellement douée - vu que la société ne reconnait les personnes « douées » que quand elles sont expertes ou génies… -, ce que je ressentais et pour quelles raisons - Mais qu’est-ce donc qu’une émotion ? A quoi cela peut-il bien servir, … ? -, …


La rupture a été à la fois physique (plus de sommeil réparateur du tout, un dos en béton et pas dans le bon sens du terme, …) et psychique (plus moyen de me concentrer, de réfléchir à quoique ce soit, … le vide total…).


Visage d'une femme peint
Révélation de mon atypicité - Crédits : Pixabay

Le long chemin de la compréhension

Le réveil de mon hypersensibilité s’est fait durant le long voyage en vélo (2017-2018) que j’ai entrepris suite à cette « rupture générale » (2015) afin de revenir à l’essentiel, de prendre le temps de vivre, de comprendre qui j’étais et ce que je voulais, tant au niveau professionnel que personnel.


C'était comme si, enfin, je vivais dans un film en 3D et en couleur alors que les autres évoluaient majoritairement dans un monde en noir et blanc et en 2D. Je voyais la vie à travers un prisme ! Tout était plus vivant, tout avait plus de saveur, tout était plus coloré, tout était "wouah!", … tout était « plus » ! Et j’ai vraiment kiffé, alors j’ai développé cette sensibilité au maximum possible ! Autant vous dire que ça a été de belles montagnes russes sensorielles et émotionnelles, avec les « ups » et les « downs » !

C'était comme si je vivais dans un film en 3D en couleur en "Dolby surround" alors que les autres évoluaient dans une projection muette, en noir et blanc et en 2D.

Cependant, je n’avais pas pour autant compris que c’était ma personnalité profonde qui s'autorisait enfin de s’exprimer. J’ai cru que c’était en fait normal d’être ainsi connectée à ses émotions, ressentis, … et que j’étais en train de rattraper le temps perdu, que ça se calmerait une fois revenue à une vie « normale », …

Il m’a fallu quelques 2 années après mon retour de voyage pour comprendre assez brutalement de nouveau que ce vécu n’était pas vraiment la norme et que mon nouvel enthousiasme pouvait me jouer des tours ! Hé oui, j’en étais arrivé au point où j’assumais tellement ma nouvelle vie émotionnelle que je l’ai d’une certaine manière « trop » exposée.


S’en est suivi encore plus d’incompréhension - j’avais changé disait-on, j’étais devenue vraiment beaucoup « trop » (plus qu'avant) … -, une certaine méfiance / distance des personnes à qui je pense avoir fait un peu peur avec mon enthousiasme à toute épreuve - dans ma vie connectée, tout mérite intérêt donc tout est enthousiasmant ! -, et une plus grande vulnérabilité - certains ont eu envie de profiter de cet enthousiasme débordant…

Bref, j’ai vécu un tel décalage que j’en étais de nouveau complètement perdu et que je suis repartie de plus belle en pleine remise en question - même si "ça", en fait, ça ne s’arrête jamais vraiment.


Il m’a fallu la grande bienveillance de certaines personnes de mon entourage à ce moment-là pour être (re)mise sur la piste du « ne serais-tu pas hypersensible ? ». N’y croyant pas nécessairement mais toujours aussi emballée pour découvrir de nouvelles choses, j’ai lu, je me suis renseignée, j’ai écouté, j’ai discuté, … et j’ai compris ;-) ! Peut-être en effet ! Je n'aime pas les étiquettes et je me méfie des effets de mode mais là, ça me parle bien, je me reconnais dans ce que je lis et c’est ça le principal finalement. Cela m’offre une nouvelle perspective que je n’avais pas avant, je revois mon histoire sous un autre éclairage, une nouvelle compréhension se fait, beaucoup d’évènements prennent sens…


Femme heureuse qui saute en l'air sur fond de coucher de soleil
Libération - Crédits : Pixabay

Finalement être hypersensible, c'est quoi ?

Alors, oui, en effet, je suis souvent « trop », trop calme, trop bruyante, trop empathique, trop bavarde, trop discrète, trop sensible, trop enthousiaste, trop rapide… je pense trop, je bouge trop, je questionne trop, j’analyse trop, j’observe trop, je fais trop de choses, j’ai trop de passions / de projets / d’envies / de rêves, j’idéalise trop, … et du coup, je ne suis pas « assez » non plus, le pendant du trop !!! Et finalement c’est bien ainsi, ça me va ! De toutes façons, il faut faire avec, pas moyen de changer cela, être hypersensible est un trait de personnalité, pas une maladie ! Ça serait comme vouloir changer de taille ou de couleur naturelle de cheveux, … ça ne fonctionne pas !

Être hypersensible est une caractéristique, on ne peut pas le "changer", il faut faire avec ! Alors, autant l'utiliser à son avantage !

J’ai une vie intérieure riche, parfois « trop », même pour moi-même, mais c’est tellement kiffant qu’apprendre à gérer les quelques inconvénients liés - quand on a des hauts, ils sont hauts et, quand on a des bas, ils sont bas… - devient une source inépuisable d’épanouissement et de bienveillance envers moi-même. On peut alors ensuite mettre sur la voie les personnes rencontrées qui nous ressemblent et les aider à mieux vivre leur différence.


Cela résonne-t-il en vous ?

Ce témoignage, comme vous l’aurez probablement compris, est le mien et je tenais à vous en faire part pour vous dire que finalement être différent/e de la majorité n’est pas anormal - Qu'est-ce que la normalité d'ailleurs ? - et que ça comporte plutôt pas mal d’avantages ! Le tout est d’apprendre à fonctionner plus en accord avec soi-même et moins comme nous l’impose la société !

C’est aussi une manière pour vous inviter à partager votre propre expérience, peu importe la manière. Je serai ravie d’échanger avec vous sur cette thématique et de partager votre histoire, donc sentez-vous libre de commenter cet article ci-dessous en commentaire ou en privé et je vous répondrai avec plaisir.


Prenez soin de vous, soyez heureux, osez révéler votre potentiel !

« Para be happy ;-) »

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